26 janvier 2022

1. Un peu d'histoire

Bonjour,

Vers l'âge de douze ans, j'ai appris fortuitement que ma grand-mère était née à Alexandrie.

image (c) https://www.passion-egyptienne.fr/Alexandrie antique.htm

Je savais que Alexandrie était en Égypte.

L'Égypte, pour moi, c'était déjà le pays des pyramides et de leurs secrets.

J'avais été abonné, à l'occasion de l'un de mes anniversaires d'enfant, à une collection qui s'appelait Tout l'univers, et il y avait eu une publication sur l'Égypte, que je me souviens avoir dévorée. Est-ce de cet instant que m'est venu une passion pour le déchiffrement des hiéroglyphes, j'avoue ne pas m'en souvenir.

A la fin des années 1970, j'ai découvert fortuitement l'existence d'une science appelée informatique, alors que je suivais en cours du soir un cycle d'économie et gestion financière des entreprises au CNAM. Notre professeur était Paul Namian.

J'ai appris les premiers concepts de la programmation sur un Logabax LX 515 (si), puis je me suis offert un Amstrad PCW 8512 sur lequel j'écrivais des programmes en Basic.

En 1983, je suis entré chez Dassault Aviation (qui s'appelait AMD-BA à l'époque) ou j'ai rencontré mon premier ordinateur de chez Digital Equipment Corporation (aka DEC), un PDP-11 tournant sous RSX-11M. J'ai rapidement abandonné son Basic Plus 2 et ai décidé d'apprendre tout seul dans mon coin le copte, l'égyptien, l’arabe, le syriaque, l’hébreu, le chaldéen, l’amharique, le parsi, le persan, le sanscrit, le palhavi et le chinois. Non, pardon, je me trompe de biographie. C'était Macro-11, un "langage d'assemblage", où 01 27 00 signifiait : MOV R0, -SP (lire R zéro, et SP, c'est le stack pointer, vous l'aviez compris).

Puis Dassault s'est offert un VAX 11-750 tournant sous OpenVMS et j'ai appris le Fortran-77, puis le Macro-32 puis, et surtout, le langage de console DCL. Et un jour, je me suis dit que j'aimerais bien écrire un logiciel qui saurait traduire les hiéroglyphes (puisque la tâche de les déchiffrer avait déjà été réalisée avec le succès que l'on connait par notre ami Jean-François Champollion en 1822).

Comme quelqu'un l'a dit à Céline, les années ont passé et j'ai abandonné ce projet tout en continuant à lire régulièrement ce qui me tombait sous les yeux en matière d'égyptologie : LE Hartleben, les ouvrages de Christiane, et même les romans de Christian, c'est dire. Et puis un jour, j'ai acheté et lu La fabuleuse découverte de la tombe de Toutankhamon par Howard Carter, et cela m'a été une révélation : je DEVAIS écrire ce programme. Puisque, grâce à son complice cent ans exactement avant, l'homme (aujourd'hui on doit écrire "et la femme" sinon on se prend un procès pour sexisme) sait lire les hiéroglyphes dans le texte, pourquoi un logiciel ne saurait-il pas faire la même chose à partir d'une photo ? Je ne savais pas alors que beaucoup beaucoup d'obstacles seraient (et sont encore) à franchir...

Depuis 2015, je suis à la retraite. Sans vouloir ennuyer le lecteur (et la lectrice), sachez que j'occupe mes journées d'été à restaurer un cabin cruiser de 12 mètres, un Morgan Giles Monaco 38 de 1963 en acajou et teck, ou à restaurer un relais de Poste du XVIIIe siècle dans le Causse du Larzac, et l'hiver à mener des actions coupables (je le reconnais, mais ça rapporte) dans l'État de San Andreas, plus exactement du côté de Blaine County où j'ai la chance de posséder (virtuellement) un petit pavillon à Paleto Bay, au bord de l'océan. 

Vous l'avez peut-être reconnu, je fais référence au jeu vidéo GTA V Online de RockStar Games (sur SONY PS4 what else). Et comme j'aime me tenir au courant des nouveautés, j'ai appris un beau jour (ou peut-être une nuit) l'existence du jeu Assassin's Creed Origins de Ubisoft, société française, n° 3 mondial de la production dans le domaine.

Cocorico.

Que découvré-je avec joie et frénésie en me documentant sur ce jeu ? L'action se situe en Égypte au temps des pharaons. Sitôt su, sitôt fait, j'achète le jeu et l'installe. Visitant le site Web de l'éditeur, j'apprends avec une surprise que vous pouvez comprendre, que Ubisoft a développé conjointement avec Google un logiciel de traduction de hiéroglyphes en 2018 ! Sans m'en parler. C'est dingue.

Je me précipite sur le site du logiciel en question, qui s'appelle Fabricius, je découvre en trois minutes qu'il ne traduit rien du tout et me dis : "Voyons voyons où nous en sommes sur ce sujet".

De fil en aiguille, j'ai appris l'existence des réseaux de neurones convolutifs, du mécanisme d'attention, des publications de Serge Rosmorduc, du prototype Tomb Reader de Morris Franken, du Hieroglyphs AI d'Alexander Sulimov, et surtout que le siège français (voire mondial) de la formation universitaire sur le sujet est... à Montpellier, où il se trouve que je réside actuellement.

C'est dingue.

Donc, inscription à l'UPVM3 en candidat libre, achat du Grandet-Mathieu, de la méthode à six mille, d'un scooter pour aller à la fac, et création dans la foulée du site https://www.shpylgoreih.fr.

Le ank est bouclé.

Le présent blog est destiné à exposer l'évolution de mon projet de traduction de l'égyptien hiéroglyphique par ordinateur, que j'ai appelé Loracrafft (évidemment [1]).

Commentaires bienvenus.

Didier Morandi

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1. Pour la petite histoire, EIDOS est aussi aujourd'hui le nom d'un grand vin que l'auteur se permet de recommander à découvrir, et à boire avec modération, bien entendu.

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